Calendula - Textes - Serge Reggiani

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Calendula - Textes - Serge Reggiani

Message par Theyr le Ven 13 Fév - 21:16

La putain

   Nous habitions en face d'elle
   Dans le Quartier Saint-Louis
   Elle habitait je me rappelle
   Aux environs de minuit
   Moi, mes cousins, on la regardait en silence
   A travers les jalousies
   Adossée au magasin
   Elle fumait avec élégance
   Nous apprenions nos poésies

   Passionnément, nous y pensions
   A la p... points de suspension
   Qu'elle était bien, qu'elle était bien
   La putain

   Posée comme une contrebasse
   Dans les bras d'un artiste
   Elle avait l'air de faire des passes
   Dans une chanson réaliste
   Moi, mes cousins, en pyjama, à l'auberge
   Nous l'avions prise pour femme
   Et son parfum de violette
   Quand on entr'ouvrait la fenêtre
   Nous descendait au fond de l'âme

   Passionnément, nous y pensions
   A la p... points de suspension
   Qu'elle était bien, qu'elle était bien
   La putain

   Quand il pleuvait elle s'abritait
   Sous le porche aux oiseaux
   Alors comme elle était tout près
   Je lui jouais du piano
   Ah! la putain, un peu comme à l'auberge
   Au piano, j'étais l'étoile
   Sous cette pluie de quatre sous
   Elle m'imaginait au-dessus
   Et j'imaginais ses dessous

   Mes cousins en parlent aujourd'hui
   En buvant des blanc-cass
   Son réverbère est à la casse
   Il me reste un peu de pluie
   Mais mes cousins sans le vouloir, sans le savoir
   Ont tous épousé des putains
   Chaque fois que je vais les voir
   Il y a quelqu'un sur un trottoir
   Qui vient parfumer ma mémoire

   Passionnément, nous y pensions
   A la p... points de suspension
   Qu'elle était bien, qu'elle était bien
   La putain

   Nous habitions en face d'elle
   Dans le Quartier Saint-Louis
   Elle habitait je me rappelle
   Aux environs de minuit

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Re: Calendula - Textes - Serge Reggiani

Message par Theyr le Ven 13 Fév - 21:25

Sarah

Intro:
Si vous la rencontrez, bizarrement parée,
Se faufilant, au coin d'une rue égarée,
Et la tête et l'oeil bas comme un pigeon blessé,
Traînant dans les ruisseaux un talon déchaussé,
Messieurs, ne crachez pas de jurons ni d'ordure
Au visage fardé de cette pauvre impure
Que déesse Famine a par un soir d'hiver,
Contrainte à relever ses jupons en plein air.
Cette bohème-là, c'est mon tout, ma richesse,
Ma perle, mon bijou, ma reine, ma duchesse.

Texte :
La femme qui est dans mon lit
N'a plus 20 ans depuis longtemps
Les yeux cernés
Par les années
Par les amours
Au jour le jour
La bouche usée
Par les baisers
Trop souvent, mais
Trop mal donnés
Le teint blafard
Malgré le fard
Plus pâle qu'une
Tâche de lune

La femme qui est dans mon lit
N'a plus 20 ans depuis longtemps
Les seins si lourds
De trop d'amour
Ne portent pas
Le nom d'appas
Le corps lassé
Trop caressé
Trop souvent, mais
Trop mal aimé
Le dos vouté
Semble porter
Des souvenirs
Qu'elle a dû fuir

La femme qui est dans mon lit
N'a plus 20 ans depuis longtemps
Ne riez pas
N'y touchez pas
Gardez vos larmes
Et vos sarcasmes
Lorsque la nuit
Nous réunit
Son corps, ses mains
S'offrent aux miens
Et c'est son cœur
Couvert de pleurs
Et de blessures
Qui me rassure

         (paroles et musique de G. Moustaki, 1969)

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